La PMA et moi

Difficile de commencer un blog sur la PMA, mais sûrement moins difficile que de commencer un parcours de PMA.

La PMA, ce n’est pas un choix (comme essayent de nous faire croire certains opposants au mariage pour tous qui mélangent tout), c’est une maladie honteuse, or je n’ai pas l’impression d’être malade et je ne vous pas pourquoi je devrais avoir honte.

Mon arrivée dans un centre de PMA s’est faite de manière insidieuse, je n’ai pas eu l’impression d’avoir fait des choix conscients, cela s’est en quelque sorte imposé à moi et on peut le dire, au départ il y a eu un malentendu.

C’était il y a maintenant presque un an, en avril 2012, nous avons décidé de nous lancer et de faire un bébé, j’ai donc arrêter la pilule pensant être enceinte pour l’été, optimiste que nous étions, nous avons même réservé des vacances au calme, mention spéciale femme enceinte.

Mais mes règles ne sont jamais revenues, naïve, j’ai fait un test de grossesse pensant être enceinte « du premier coup ».
Puis, je me suis dit qu’après 15 ans de pilule, c’était normal que mon corps prenne un peu de temps pour reprendre ses marque, redécouvrir son cycle naturel.

Je suis quand même allée consulter ma gynéco au bout de 3 mois qui m’a dit, pas d’inquiétude, la machine est rouillée, je vais vous donner du duphaston et ça va repartir. En effet, c’est réparti, j’ai eu mes règles et je suis partie en vacances en me disant que je serais enceinte à la rentrée.

À l’époque, toujours aussi naïve, je ne savais pas que le duphaston ne déclenchait que des règles « de privation » et ne servait donc pas à rien pour relancer l’ovulation…
Mes règles ne revenant plus, je suis retournée voir ma gynéco qui m’a dit de ne pas m’inquiéter,mais qui m’a tout de même prescrit une prise de sang (je ne la remercierai jamais assez de ne pas m’avoir renvoyée chez moi parce que je suis jeune et j’ai le temps).
La lecture des résultats a été un moment difficile, mais j’étais encore optimiste, inconsciente. Elle m’a expliqué qu’elle suspectait un dérèglement qui empêchait mes follicules d’arriver à maturité et donc bloquait mon ovulation, tout ça n’étant pas très grave mais nécessitant tout de même un traitement. Il fallait faire une échographie pour vérifier tout ça.

Cette première échographie n’a pas été un moment facile. Tout d’abord j’ignorais jusqu’à l’existence des échographies pelviennes et on ne peut pas dire que le medecin m’ait rassuré « ils sont énormes vos ovaires et j’arrête de compter, il y a trop de follicules ». Je crois que c’est à ce moment que j’ai perdu mon optimiste et compris que je n’allais pas être enceinte tout de suite. Je pleure seule toute la soirée (mon mari a des réunions tard et je ne sais pas à qui en parler, ni quoi dire).

Rendez-vous le lendemain chez la gynéco qui me confirme que je n’ai aucune chance d’ovuler naturellement, que c’est à cause de mes hormones qui n’envoient pas le signal d’ovulation, mais que j’ai de la chance car il existe un produit miracle : le clomid. Je repars donc plus optimiste qu’en arrivant, je n’ovulerai pas naturellement, mais avec 5 petits cachets par mois, pas de problème, je peux gérer.
Je m’achète quand même une magnifique jupe en cuir chez Claudie Pierlot sur le chemin du retour histoire d’être sûre de garder le moral.

Deux cycles sous clomid, deux échecs cuisants. Découverte du centre de PMA à Neuilly, découverte que je vais m’abonner aux échographies pelviennes, que j’ai perdu toute pudeur.

Et au sous-sol de l’hôpital, ma gynéco me parle alors des injections qui permettent un dosage plus précis et me montre comment se faire un auto-injection sur une compresse.
Je prend l’avion quelques heures plus tard, aucune pharmacie n’a de fostimon 75, certains pharmaciens sont plus aidant que d’autres et après une heure de panique je trouve le fostimon à la pharmacie du drugstore (bonne adresse à retenir pour tous les médicaments de PMA).

Arrive le moment de la première injection dans une chambre d’hôtel à Florence, mon mari m’aide et me propose de me piquer, je préfère le faire moi même, s’il me faisait mal, je lui en voudrais. C’est difficile de se piquer, mais finalement pas insurmontable, et il va bien falloir que je m’habitue.

Commence alors la vie d’une OPK en stimulation: injections quotidiennes, prises de sang et écho tous les 2/3 jours au centre de PMA et aucune réaction de mon corps pendant un mois. Sauf si on compte les bleus aux point d’injection sur le ventre et mes bras d’héroïnomane suite à toutes les prises de sang.

Ce mois a été très difficile, je suis triste, fatiguée et surtout je me sens seule, très seule.
J’ai commencé à parler de mes difficultés à concevoir à ma meilleure amie qui ne comprend pas et me dit que ça va venir, il suffit de ne pas y penser.
Mon mari n’essaie pas de comprendre et ne s’implique pas du tout.
Ma mère croit que nous avons fait appel à un don de sperme.

Je me rend alors compte que personne ne connait la PMA et ses différentes techniques, que c’est un peu tabou et surtout que personne ne veut en entendre parler.

Juste avant Noël, je demande à mon mari de m’accompagner au centre de PMA, histoire qu’il découvre le lieu et avec l’espoir qu’il, m’accompagne un peu plus dans notre parcours. Bonne nouvelle, j’ai enfin, après 40 jours, un follicule à 18 mm, le déclenchement de l’ovulation est prévu le lendemain par injection d’ovitrelle.

Départ en vacance, travaux pratiques et fol espoir, j’ovule, je fais être enceinte pour Noël, c’est sûr et certain!

Deux semaines avant de pouvoir faire un test de grossesse. L’attente est longues, angoissante, je passe mes journée sur les forums à lire les symptômes de la nidation et mes règles arrivent avec 2013.

Bizarrement, maintenant que je ne suis plus dans l’attente je suis beaucoup plus zen, ça va être difficile, la route va être longue, mais je vais me battre et je l’aurais ce bébé.

J’ai depuis fait une hyperstimulation et je suis actuellement en stimulation depuis 2 semaines sans aucun follicule de plus de 8 mm.

C’est une course de fond, il faut s’accrocher!

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