Méthode coué : positivons la PMA

La PMA, c’est la tuile, c’est la remise en question d’un plan de vie, de la construction d’une famille et de beaucoup de choses.

  • A quoi bon acheter un appartement si nous n’avons pas de descendance ? autant kiffer en louant un appart sympa dans le centre de Paris.
  • Qui paiera notre maison de retraite quand nous serons vieux ?
  • Suis-je condamner à appeler mon chat « mon fils »? quoiqu’il arrive, il restera mon bébé, je l’ai eu à 3 semaines et je l’ai nourri au biberon toutes les 3 heures car sa mère l’avait abandonné, c’est mon fils!
  • Comment gérer notre vie sociale quand tous nos amis pouponnent et ne peuvent jamais sortir ? tu comprend la merveille est malade, a mal aux dents, est fatiguée, la babysitter nous a planté (rayer la mention inutile)
  • Comment construire une famille sans enfant ? Est-ce que le couple peut être une famille à part entière ?
  • Comment avancer dans sa carrière alors que je n’ai aucune visibilité sur les traitements pmesque et que je ne suis pas mobile géographiquement (bah ouais, le 100%, c’est quand même bien pratique et ça ne marche pas trop à NY ou à Hong Kong) ?
  • Comment encaisser un nouvel échec et trouver la force de repartir?

 

C’est vrai que c’est difficile, insupportable, mais ça permet aussi de se rendre compte de beaucoup de choses.

 

J’ai compris que je n’étais qu’une affreuse personne superficielle, concentrée sur moi, mon bien-être et ma petite personne. Avec la PMA, je me suis rendue compte que certaines personnes, notamment le personnel médical avait une vie qui avait (beaucoup) plus de sens que la mienne, ils étaient capables de donner de leur personne pour nous aider à faire des bébés.

Ils supportent nos humeurs, acceptent nos caractères, nos questions (« Certes je ne suis pas médecin, mais à mon avis, il faut partir sur du gonal 125 pour cette nouvelle FIV, je ne suis pas très d’accord avec votre ordonnance de gonal 100″, « Est-ce que le cetrotide est vraiment utile parce que vous voyez ça me fait des bleus sur le ventre et j’ai l’air conne à la plage… », « Mais non ce n’est pas une hyperstimulation, j’ai juste trop manger, je ne vois pas pourquoi on devrait arrêter cette stimulation ») et nous aident malgré tout. Ça claque quand même plus de dire aujourd’hui 3 couples que je suis  depuis plusieurs mois sont devenus parents grâce à mon travail versus, j’ai augmenté les ventes de 10% ce mois-ci alors que le marché est à la baisse.

J’ai aussi appris à accepter mes faiblesses et le fait que je ne peux pas tout contrôler. Avant, quand je me donnais les moyens de réussir, ça marchait à tous les coups, à force de travail et d’implication. Maintenant je sais qu’on peut avoir fait de son mieux et donner de sa personne et malgré tout échouer. Je crois que je suis devenue plus humaine dans mes rapports avec les autres, j’accepte leur faiblesses, leurs failles, alors qu’avant j’avais tendance à dire « quand on veut, on peut, ils n’ont qu’à se sortir les doigts du c*l ces fainéants ».

 

Mais j’ai aussi appris à apprécier tout ce que j’avais:

  • J’ai un mari en or, je l’aime encore plus chaque jour, il me soutient, il vient à tous les RDV PMA, il est à mes côtés et supporte mes sautes d’humeur et mes moments de déprime. Notre couple est plus fort chaque jour, notre combat nous unit.
  • J’ai des parents qui ont du mal à suivre et comprendre les traitements, mais qui sont toujours là pour moi et me soutiennent dans tous mes choix.
  • J’ai des supers copines. Même si elles ont souvent été maladroites au début, elles ont fait l’effort de comprendre ce qui n’allait pas, le gonal, la ponction et le TEC n’ont plus de secrets pour elles. Leur soutien est sans faille, elles n’oublient jamais de prendre des nouvelles et trouve le temps de m’emmener boire des coups et rigoler quand ça ne va pas.
  • J’ai un chat qui me fait des calins tous les jours, même quand je suis en jogging et que je râle toutes la journée.
  • J’ai les copines de la blogo, tous vos messages me donnent de la force et le courage de m’accrocher, vos succès sont une source d’espoir. A travers les blogs et messages, une belle solidarité s’est créée.
  • Et j’ai aussi une super boss, voici le message qu’elle m’a envoyée suite à ma ponction et à l’annonce du décalage de mon transfert au jeudi matin vs le mercredi

Tu fais comme tu veux.  Si tu veux être absente jeudi, fais-le.  Si tu veux revenir au bureau et venir en fin de matinée ou début d’apres-midi, c’est comme tu préfères.

Ce qui compte c’est ta santé, te sentir bien et pas stressée.
Merci et je croise les doigts pour toi!

  • J’ai un job  intéressant et pas trop mal payé avec des horaires flexibles pour les traitements et la possibilité de travailler à la maison si j’en ressens le besoin. Je n’évolue pas vraiment depuis les 2 dernières années, mais c’est aussi rassurant d’être dans ma zone de confort. La logique dans l’évolution de ma carrière voudrait que je parte à l’étranger quelques années, quand j’ai annoncé que je n’étais pas mobile géographiquement pour l’instant, ma boss (encore elle) m’a proposé de faire un MBA sur Paris pour ne pas avoir l’impression de perdre mon temps, belle attention de sa part (j’ai vraiment de la chance).
  • La PMA m’offre aussi l’espoir d’avoir un enfant, espoir que je n’aurais pas eu il y a quelques années. L’équipe qui me suit est parfois grincheuse, s’agace de mes questions, mais je les sens impliquer et j’ai l’impression qu’ils ont vraiment envie qu’on réussisse. L’autre jour, quand j’étais au secrétariat, ils ont annoncé un test de grossesse positif au téléphone à une patiente et ils ont tous eu l’air ravis de partager cette bonne nouvelle et très contents que le taux soit élevé.

 

Bref, je me sens aimée, entourée et soutenue et je suis très reconnaissante pour cela.

 

Tout n’est pas rose pour autant, il y a des gens dont le manque de tact m’a blessé profondément et que j’ai décidé de sortir de ma vie pour l’instant, le temps que je sois capable de pardonner, si cela arrive un jour. Ils ne comprennent pas pourquoi j’ai coupé tout contact avec eux, mais je ne leur expliquerai pas, ils ne méritent pas que j’utilise une once d’énergie pour eux. Je sais où sont mes priorités et où je dois concentrer mon énergie.

 

Post positif, mais un peu aigri, car la PMA ça rend aussi aigri 🙂

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7 réflexions au sujet de « Méthode coué : positivons la PMA »

  1. Lisette

    Sacre post et sacrée prise de recul !! C’est ça qui est dur en PMA je trouve, alterner ces périodes de sagesse avec celles où tu vis au jour le jour au rythme des traitements et de l’espoir. Et tu sais, je ne trouve pas qu’un métier soit plus valable qu’un autre… Les médecins ne font pas tourner l’économie, il faut de tout 🙂 tu as dis oui pour le MBA a paris? Ici aussi le fait d’être coincés géographiquement nous pèse… Bisous !

    Répondre
    1. La reine de la PMA Auteur de l’article

      En effet pas facile, en plus de la PMA de se sentir coincé géographiquement et de ne pas pouvoir se projeter dans le futur…
      J’ai dit oui pour le MBA, c’est du travail en plus mais je pense que ça me fait un but que je peux atteindre si je m’en donne les moyens. Maintenant, faut que je me renseigne et que je bosse mon dossier de candidature….

      Répondre

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