Toucher le fond ou remonter la pente

** Attention ** post fleuve

En tout premier, je voulais vous remercier pour tous vos messages de soutien, it means the world to me.

Après 2 semaines de hauts et de bas, de taux hcg qui monte, mais ne double pas régulièrement, d’espoirs et de doutes, après 2 semaines dignes d’un épisode de 24H, le couperet est tombé.
La fameuse échographie du taux supérieur à 1 000 UI qui aurait dû nous permettre de voir un sac embryonnaire n’a rien révélé du tout.
Ma gynéco nous a alors expliqué qu’elle pensait qu’il allait falloir interrompre cette grossesse car le ou les embryons continuant à se développer ailleurs que dans l’utérus cette grossesse allait devenir dangereuse pour ma santé.

Je me suis sentie brisée, anéantie, j’y avais cru, nous y avions cru, les GEU ne concernent que 1 à 3% des grossesses, ça ne pouvait pas tomber sur nous, pour une fois les statistiques étaient de notre côté.
Mais à l’évidence le problème était au delà de l’évolution anarchique des taux, avec un taux hcg à 2 300 UI, on aurait dû voir un sac embryonnaire dans l’utérus et pour avoir scruté l’écran, elle n’a rien raté car il n’y avait rien à voir.

Je suis retournée travailler, j’ai fini ma présentation pour notre séminaire la semaine prochaine, je l’ai envoyé à ma boss à 22h en lui disant que j’allais devoir interrompre ma grossesse, m’absenter quelques jours et que je n’étais pas sûre de pouvoir assurer la présentation la semaine prochaine. Comme d’habitude, son soutien a été sans faille, elle m’a félicité pour ma présentation, m’a dit qu’elle compatissait et m’a proposé de prendre une semaine de vacances avec mon mari si j’en ressentais le besoin et de ne surtout pas m’inquiéter du séminaire.

Je n’ai pas fait la prise de sang demandée par ma gynéco, j’ai pleuré toute la nuit, je ne voulais pas aller à l’hôpital où on allait tuer mon espoir.
J’ai essayé de ne pas me lever pour ne pas y aller et oublier ce mauvais rêve, sans l’homme, je serais encore sous la couette à pleurer. Nous sommes arrivés avec plus d’une heure de retard.

Quand je m’annonce au secrétariat de la PMA en expliquant que j’ai RDV avec Dr officiel de la Reine, la secrétaire, avec toute sa délicatesse, me demande « c’est un RDV pour quoi? »
Et face à une salle d’attente pleine de pmettes, je lui ai répondu « pour interrompre une grossesse », je me suis sentie jugée et humiliée par les regards comme rarement dans ma vie, « ah oui, elle m’avait qu’il y avait une dame qui allait venir », bah c’est moi la dame pauvre c*nne !

Heureusement ma gynéco me voit et m’emmène tout de suite en salle d’écho avec 2 autres médecins du centre pour refaire une écho à 6 yeux à la recherche d’un sac embryonnaire que personne ne verra nulle part.
Je pars ensuite en prise de sang, je fond à nouveau en larmes, l’infirmière ferme la porte, m’apporte un mouchoir et me dit de prendre mon temps, qu’il faut pleurer pour que ça sorte.
Il faut 2 heures pour avoir les résultats de la prise de sang et décider si on part sur la voie chirurgicale ou médicamenteuse.
Avec l’homme on se pose sur un banc dans un parc, il fait beau, c’est presque agréable.

On retourne à l’hôpital, le labo est en retard, on attend encore une heure, l’homme doit partir au travail, ma mère est rentrée de province, elle est en route et devrait arriver.
J’attend seule dans la salle d’attente maintenant déserte de la PMA, ma gynéco arrive avec un interne et m’annonce que mon taux hcg continue d’augmenter et que l’écho de ce matin confirme la GEU. Comme le taux n’est pas encore trop élevé et que je n’ai aucune douleur, ce sera une interruption médicamenteuse, l’interne m’a trouvé un lit disponible dans une heure et va m’aider à remplir mon dossier d’hospitalisation pour éviter que je fasse la queue.
Elle m’a aussi dit que même si je ne le verrais sûrement pas comme ça aujourd’hui, il y avait quand même du positif car on savait maintenant qu’on arrivait à me mettre enceinte, ce qui n’était jamais arrivé auparavant.

Je suis allée manger et je suis repartie en direction de l’hôpital et plus je m’approchais, plus je pleurais, j’aurais voulu qu’on me tienne la main pour rentrer dans l’hôpital, je me suis arrêtée devant la porte tétanisée et je me suis dit que je n’aurais jamais la force d’entrer. Au bout de 15 minutes, je suis finalement entrée, j’ai pris l’ascenseur lunettes de soleil sur le nez et je suis allée vers la salle des infirmières qui m’attendaient et m’ont tout de suite identifiée comme « la dame » sans que je dise mot.
Elles m’ont installée et m’ont dit de prendre mon temps, elles repasseraient plus tard.

Finalement une infirmière est venue en tenue de cosmonaute et m’a fait l’injection, adios Tic&Tac.

Ma mère est arrivée juste après (merci la ratp pour les travaux), on a pleuré, on a séché nos larmes, puis on a parlé de tout et de rien.
L’interne est venu voir comment j’allais, m’a dit qu’il fallait être forte, qu’il fallait continuer et que ça allait marcher, il m’a obligé à le répéter plusieurs fois, ce qui a déclenché un fou rire chez ma mère.

J’ai pu rentrer chez moi en fin de journée, retrouver l’homme et profiter du beau temps pour dîner en terrasse.

Ma gynéco m’a appelé hier et aujourd’hui pour savoir comment j’allais et m’a redit à chaque fois que ça allait marcher, qu’il fallait y croire.

J’ai encore des crises de larmes et j’en aurais encore beaucoup d’autres, mais maintenant je peux soit toucher le toucher le fond et m’y perdre, soit essayer de remonter la pente.

« Il faut être forte, il faut continuer, ça va marcher »
« Il faut être forte, il faut continuer, ça va marcher »
« Il faut être forte, il faut continuer, ça va marcher »
« Il faut être forte, il faut continuer, ça va marcher »
« Il faut être forte, il faut continuer, ça va marcher »

To be continued…

Publicités

28 réflexions au sujet de « Toucher le fond ou remonter la pente »

  1. mimiattend

    Je découvre ton blog aujourd’hui, tout cela doit être si difficile à vivre, j’ai eu les larmes aux yeux en lisant ton article. Que la nature est cruelle parfois…
    Tu as l’air d’être bien entourée, ta gynéco semble être humaine, j’espère que tu vas enfin réussir ce pour quoi tu te bats depuis tant de temps.
    Bisous

    Répondre
  2. enattendantbbkoala

    Je me revois il y a quelques mois… À la différence que mon Gygy a préféré laisser faire la nature (cette pioute on le rappelle…) et du coup j’ai du attendre 15 jours pour faire la fausse couche tout en sachant que c’était une GNE… Pas facile mais on a décidé de vraiment s’accrocher au seul point positif dans ces cas là: une grossesse est possible! Et depuis on reste fixés sur cette idée et on espère que le miracle se reproduira!! Bon courage à vous, soyez forts, il fait continuer, ça va marcher 🙂 ❤

    Répondre
    1. La reine de la PMA Auteur de l’article

      Je me demandais si je n’aurais pas préféré laisser faire la nature au lieu d’interrompre « activement » cette grossesse, mais c’est la nature qui a décidé de mal placer cet embryon et la médecine me permet d’éviter un éclatement de trompe donc au final, ça ne change pas grand chose, c’est encore la faute de cette p*te….
      Je pense qu’il faut s’accrocher sur cette idée que ce miracle se reproduira même si ce n’est pas tout de suite.. Courage ma belle, ça va marcher!

      Répondre
  3. Biquette

    To be continued, c’est une conclusion tout en espoir à ton article. La nature est cruelle mais la médecine nous donne les armes pour lutter. To be continued, je le répète. Gros câlin de reconfort et d’espoir.

    Répondre
  4. Lisette

    😦 je suis désolée, je n’ai pas les mots parce que je me mets à nouveau à pleurer, mais je comprends… et je pense à toi…

    Répondre
  5. Titine7831

    J’espère que tu ne souffres pas trop physiquement. Moralement, je sais que c’est impossible, tu souffres le martyr… Je pense très fort à toi. Plein de gros bisous de soutien.

    Répondre
  6. Boule de Mousse

    J’ai fait une fc avant d’avoir mes jumeaux. C’est différent d’une geu mais mon gynéco m’avait dit la même chose « c’est malgré tout un espoir ». Sur le coup je m’en fichais … Je perdais mon bébé… Mon unique bébé … Sans aucun espoir que cela puisse se renouveler. Aujourd’hui je suis maman de jumeaux et je suis comblee . tout ça pour dire qu’il y a des choses qui sont horrible à vivre et que parfois le meilleur reste à venir. Je te souhaite bon courage. Il y a des choses que l’on ne devrait jamais vivre. Je compatis.

    Répondre
  7. Chattes and Co

    A mon tour de t’envoyer un message, je ne l’avais pas fait parce que j’étais moi-même au fond du trou, mais je voulais te dire à quel point je suis désolée, j’imagine que tu dois traverser une épreuve extrêmement difficile. Prends bien soin de toi, je t’embrasse très fort

    Répondre
  8. Ping : Carnet de vacances hors PMA | La reine de la PMA

  9. Ping : Les objectifs | La reine de la PMA

  10. Gwendoline

    Bonjour,
    Ton post m’a également ému aux larmes. En debut de pma, je ne sais pas trop à quoi m’attendre et lire des retours d’expérience m’est extrêmement précieux.
    merci!

    Répondre
    1. La reine de la PMA Auteur de l’article

      Courage pour ton parcours, mon blog n’est plus trop actif niveau PMA, mais n’hésite pas à m’envoyer un mail si tu as des questions. Et j’oubliais bienvenue dans la grande famille de la blogo PMA.

      Répondre

Un commentaire ?

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s