Comment ça va aujourd’hui ?

L’article de Biquette 1001 choses à dire à une infertile m’a fait réfléchir, surtout maintenant que je suis passée de « l’autre côté », j’ai souvent peur d’être maladroite. Bien que devenue MILK je reste une ex-pmette et je sais à quel point mes sentiments étaient ambivalents au cours de mon parcours.

En effet, je suis passée par des phases de naïveté au début, puis pas des phases de déprime suivies par des phases d’euphorie alors j’imagine bien que ce n’est pas facile pour l’entourage de suivre surtout que la plupart n’a aucune idée de ce à quoi correspond concrètement une stimulation simple, une IAC ou une FIV.
De plus, je suis convaincue, qu’il n’y a pas une vérité concernant les choses à dire à une infertile mais des vérités chaque personne fertile ou infertile étant différente. Par exemple, certaines pmettes gardent leur parcours pour elles et se sentent protégées de cette manière alors que moi, au contraire, il faut que ça sorte pour que je me sente soutenue.

Du coup, j’ai regardé dans le rétro et pour une fois j’ai réfléchi aux choses positives qui m’avaient aidées au lieu de lister les bêtises souvent blessantes entendues.

Comme je le disais, pendant mon parcours, j’ai eu des hauts et des bas, je crois que c’est le propre de tout parcours PMA. Si  on n’y croyait pas, on essayerai pas, mais en même temps on se protège, on essaie de se préparer à l’échec.

Tout ça pour dire que je n’attendais pas la même chose de mes proches tout au long de mon parcours, et je pense que ce n’est pas évident pour eux car s’ils nous disent que ça va marcher à un moment où on est plein travail sur l’acceptation de l’échec, on risque de mal le vivre alors que si on est en pleine phase d’euphorie (souvent en J1) on va se sentir soutenue.
En plus comme me l’a dit très justement l’homme « ils ne peuvent pas savoir ». OK, ils ne peuvent pas savoir, alors on va les éduquer, les former, leur expliquer.
Il faudrait presque faire un schéma sur le moral de la pmette et ce qu’elle attend en fonction d’où elle se trouve dans son parcours. Du coup, j’ai fait un schéma très rapide et pas très beau (c’est mon côté blogueuse amateur) de ce que j’aurais aimé entendre à chaque étape de mes FIV sachant qu’un simple « comment ça va aujourd’hui ? » sans attendre de réponse particulière, mais en l’écoutant, s’il y en a une, suffit souvent.
(Je précise que je ne parle qu’en mon nom, ceci est loin d’être une vérité absolue)

ParlerInfertilité

C’est pour les grandes lignes de la théorie. Dans le détails, voici les choses qui m’ont soutenues et souvent touchées.

Une chose qui m’a toujours aidé, c’est les petits textos pour les grandes étapes car j’avais l’impression que mon combat avait aussi un sens pour mes amis vu qu’ils se rappelaient des grandes dates et prenaient le temps de m’envoyer un petit message de soutien juste pour me dire qu’ils pensaient à moi ce matin. Puis un petit texto sympa de bon matin en salle d’attente, ça fait plaisir et ça fait aussi passer le temps et ça évite de cogiter à des trucs du genre « si je suis la prochaine à l’écho, ça va marcher, sinon c’est mort ». Il y a eu évidemment mes amis dans la vraie vie, mais aussi certaines copines de la blogo.

Il y a aussi eu les copines qui m’ont emmené boire des verres sans aborder une seule fois leurs enfants ou le fait qu’il faille rentrer pour cause de baby-sitter à libérer. Des copines qui ont accepté de m’écouter me lamenter et qui en réponse m’ont seulement dit « on reprend un verre? ».

Sans oublier les copines qui te sortent diner pour te distraire pendant les 15 terribles jours d’attente et qui ne proposent par de boire du vin afin d’éviter que tu expliques que tu n’es sûrement pas enceinte, mais peut-être quand même alors ce serait con, au cas où.

Vous l’avez remarqué, je ne cite que l’entourage familial et amical, mais la PMA, c’est aussi des médecins, des collègues, un boss et la société.

Ma gynéco a toujours été très bien avec moi, ce que j’ai le plus apprécie avec elle , c’est qu’elle ne m’a jamais infantilisé et m’a toujours écouté. Je suis bien incapable de juger ses compétences (même si j’ai l’impression d’avoir très bien été prise en charge), mais humainement, c’est quelqu’un de bien.
J’ai croisé d’autres gynécos dans le service de PMA pour les contrôles et honnêtement, je n’ai pas à me plaindre. J’ai peut-être eu de la chance, mais à part une gynéco un peu brut de décoffrage qui ne commentait pas ce qu’elle voyait à l’écho (ça me rendait folle), les autres étaient humains, enfin humain comme on peut l’être quand on a 100 échos à faire en 2 heures (mais ça c’est plus une problématique de moyen que de personnes). Quant aux infirmières, elles étaient vraiment adorables, au delà de ce qu’on pouvait attendre d’elles, à l’écoute, toujours un mot d’encouragement, la boite de kleenex pas loin,…

Concernant les collègues, c’est surtout ma co-bureau qui était dans la confidence et qui m’a toujours soutenu, j’ai l’impression d’avoir vécu ce parcours avec elle, que ce soit les stimulations « tu surveilles la porte pendant que je me pique » ou les résultats « tu vas voir et tu me dis rien, mais tu me dis quand même si c’est positif, enfin, non dis rien, enfin bref on va regarder ensemble ». Elle a eu son lot de galères perso aussi ces 3 dernières années, mais elle a toujours su quand il ne fallait pas me parler ou quand il fallait me sortir déjeuner avec un verre de vin. Elle est tombée enceinte au moment ou je commençais les stimulations simples et à aucun moment je n’ai ressenti de la jalousie ou de l’aigreur à son égard, comme quoi c’est possible, ça s’appelle la délicatesse.
Ma boss, j’en ai déjà parlé, donc je ne vais pas revenir dessus, mais j’ai toujours été soutenue avec la permission d’organiser mon temps au mieux pour intégrer les traitements dans ma charge de travail. Enfin faut pas être naïf non plus, je n’ai également jamais laissé la PMA prendre le pas sur mon travail et je suis restée plus longtemps le soir quand c’était nécessaire, j’ai surtout bénéficié d’une flexibilité dans l’organisation de mon temps de travail. Je pense que le fait de travailler pour une entreprise américaine dirigée par des femmes a joué dans la flexibilité et la bienveillance dont j’ai bénéficié.

Pour finir malheureusement sur un note négative, la société m’a déçue, à aucun moment elle a su me dire ce que je voulais entendre.
La Manif contre tous m’a donné la nausée, les bébés synthétiques m’ont fait sourire pour ne pas pleurer et les commentaires des articles traitant de la PMA m’affligent toujours autant.
Quant aux politiques, c’est la déception, entre ma députée (Seybah Dagoma pour ne pas la citer, mais je la cite quand même, merde à la fin) qui ne s’est même pas donné la peine de répondre à mon mail même pour me dire « Rien à battre des infertiles » et le Ministère de la Santé qui ne fait aucune campagne sur la fertilité, on voit bien que ce n’est pas un sujet qui les concerne alors qu’il concerne un couple sur six.

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24 réflexions au sujet de « Comment ça va aujourd’hui ? »

  1. babayagapma

    Ton schéma résume bien le cycle d’attente pmesque et d’attente de réaction de l’entourage.
    Je suis aussi très « étonnée » de la non réponse de mon député. Je pense que mes mails sont allés droit dans les spams.

    Répondre
  2. Plume

    Le mien aussi de député n’a pas répondu. Se préoccuper des infertiles ça ne doit pas être dns sa couleur politique et quand tu vois que la Marisol s’en claque les coquillards, je ne vois pas pourquoi il le ferait. Désespérant.

    Répondre
  3. pmavie

    J’aime beaucoup ton schéma et je dois dire que c’est exactement ce que je ressens. C’est bien que tu te sois ouverte aux autres à ce sujet. Je ne l’ai pas (encore) fait (à part quelques amies) et parfois, je dois dire que j’hésite vraiment. Mais l’Amoureux ne veut rien dire.
    Des bisous La Reine !

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  4. marivalou

    Comme toi, les mêmes remarques à un moment différent soient m’irritaient au plus haut point, soit me faisait du bien. Ce que j’aime, dans ton article,c ‘est que tu listes les comportements qui t’ont fait un bien fou. Ca me donne envie de faire pareil, juste pur démontrer qu’il existe dans la vraie vie des personnes sensibles à ce que l’on vit, même des C1 enceintes, oui oui oui. Mais il faut aussi accepter de s’ouvrir un peu…
    C’est quand la reprise dans ta super boite américaine de marketeuse de luxe ? T’auras plus le temps pour nous 😦

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    1. La reine de la PMA Auteur de l’article

      Heureusement qu’il existe des personnes sensibles dans la vraie vie, t’imagines l’enfer sinon !
      La reprise, c’est dans une semaine, la semaine prochaine c’est l’adaptation, je suis super anxieuse, j’ai peur de ne pas bien laisser la nounou s’occuper de Starsky pendant la semaine d’adaptation alors que c’est le but…du coup, je me suis casée un déjeuner tous les jours et plein d’activités pour les laisser faire connaissance…
      J’ai aussi super peur de la reprise, de ne plus être au niveau, ni aussi efficace. On verra bien comment ça se passe.
      Et toi tout va bien ?

      Répondre

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