Refermer le livre

Le temps est venu de refermer le livre de la PMA.

Etant donné mon âge, je sais que je ne souhaite plus avoir d’enfants, il est donc temps de clore ce chapitre de ma vie et de passer à la suite.

La PMA est entrée dans ma vie insidieusement à 32 ans, je n’avais rien demandé, je m’étais mariée et je voulais simplement un bébé. A l’époque, j’en voulais même plusieurs.

L’infertilité est venue frapper à ma porte, a remis en question beaucoup de choses dans ma vie, dans mon couple, sur mon avenir.
J’ai du faire un long travail pour accepter que la vie était injuste et que je n’avais rien fait pour mériter ce qui m’arrivait, c’était seulement la faute à pas de chance (et éventuellement aux perturbateurs endocriniens, mais je ne le saurais jamais).
J’ai aussi appris à prendre du recul sur les mauvaises nouvelles, de la distances sur les bonnes nouvelles, rien n’est jamais acquis, rien n’est jamais couru ou perdu d’avance.

La PMA m’a pris mon intimité, une partie de mon insouciance. La PMA a donné le rythme à ma vie pendant de nombreuses années, a décidé de quand et où je pouvais partir en vacances. La PMA a dicté mes choix professionnels alors que j’aurais du être le maître de ces choix.
La PMA m’a obligé à envisager mon couple, ma famille sans enfant, quel allait être le but de ma vie sans cette transmission, sans ce passage de relais à la génération suivante ?

Comme tous les infertiles, j’ai du gérer ces questionnements quand tous les amis ont des enfants facilement et s’orientent de plus en plus vers leurs nouvelles familles pleines d’enfants. Tout en essayant de rester une bonne amie et de me réjouir des naissances et de m’intéresser sincèrement à leurs enfants.
La PMA peut être traitre et isoler. On peut se sentir blessée par des remarques anodines, mais j’ai toujours essayé de dépasser cette frustration, cette jalousie, je ne voulais pas que la PMA m’enlève aussi cette normalité et mes amitiés. Parfois j’ai réussi, parfois j’ai échoué et perdu quelques amis en cours de route.

Mais la PMA m’a aussi appris à lâcher prise, à accepter que je ne pouvais pas avoir le contrôle sur tout. La PMA m’a appris à être plus tolérante et à ne pas juger à l’emporte pièce les gens car on ne sait jamais ce qu’ils vivent.
Et la PMA m’a surtout apporté deux magnifiques petites filles et j’en suis extrêmement reconnaissante.

C’est donc le dernier post de ce blog qui m’a accompagné durant ce parcours. Ce blog et la communauté virtuelle des pmettes m’a soutenu tout au long de ce parcours, m’a aidé à remonter la pentes après les coups durs, à prendre du recul et m’a permis de faire plein de jolies rencontres.
Je vais laisser ce blog en ligne car il a commencé comme un journal intime avec 14 visiteurs par mois et compte  600 000 vues à ce jour. J’espère qu’il servira d’une façon ou d’une autre à soutenir la cause de la PMA.

J’ai l’impression d’abandonner mon bébé, ma béquille des moments difficiles, mais je pense que c’est nécessaire pour tourner la page et refermer définitivement ce livre. A bientôt 38 ans, il est temps de passer au livre suivant.

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Le corps d’après

Maintenant que j’ai fini mon parcours PMA, que j’ai fini mes deux grossesses, je peux parler de mon corps d’après.

En ce moment, il y a une tendance au « body positive » qui encourage les femmes à assumer leur corps tel qu’il est, à le monter et je trouves ça génial de s’assumer, mais personnellement sans vouloir ressembler à Kate Moss, j’aurais du mal à afficher ma cellulite et mes vergetures sur Instagram dans un magnifique 2 pièces.
Il me manque encore un peu de force mentale pour y arriver (même si je rêverai dépasser les clichés véhiculés sur la femme et le corps « idéal » dans lesquels on nous enferme).

Pendant le parcours PMA, j’ai fait le yoyo au fil des traitements hormonaux, mais si je dois être tout à fait honnête, je gonflais durant les traitements et je dégonflais dès qu’ils s’arrêtaient, donc je ne peux pas dire que la PMA a influé sur mon physique. Peut-être plus de grignotage durant certaines période de stress, moins de sport pas du tout de sport après les transferts, mais rien qui ne serait pas arrivé pour d’autres raisons.

Concernant les grossesses, j’ai « eu de la chance » car je n’ai pas trop pris, autour de 12-13kg pour chacune (OK, c’est pas les 9kg réglementaires, mais ça reste tout à fait correct de mon point de vue quand je compare à certaines copines qui ont pris 20kg ou plus et je connais personne qui a pris seulement les 9kg réglementaires).
Une fois le bébé et ses accessoires sortis et le dégonflage hormonal opéré, il me reste 3kg à éliminer, autant dire rien. Puis 3kg en plus à presque 40 ans, ça compte pas vraiment. Je vous ai dit, je vise pas Kate Moss non plus.

Mon souci, c’est plutôt le ventre qui pendouille et qui a du mal à se remettre en place malgré les séances de rééducation abdominales.
Pour Starsky, j’ai mis 3 mois à pouvoir fermer un jean d’avant, 6 mois à retrouver une forme de ventre « ballonné » et quasiment un an avant de retrouver un ventre certes moins ferme, mais plus conforme à celui d’avant.
Pour Einstein, j’ai décidé de prendre un peu plus les choses en main en tentant des trucs et en me disant qu’au pire ça ne servirait à rien. J’ai donc testé pour vous, ne pas essayer de mettre un jean normal avant un mois, la ceinture Belly Bandit et le yoga post natal.
Bilan après un mois, c’est beaucoup mieux que pour Starsky.
Moralement de m’être imposé de porter mes jean de grossesse pendant un mois sans même essayer les jeans normaux m’a évité des déconvenues.
La ceinture Belly Bandit ne fait pas de miracle, mais donne l’illusion d’avoir un ventre comme avant les heures où on la porte et c’est déjà bon pour le moral (en plus c’est pratique avec les jeans de grossesse, on la place sur le panneau en coton et ça évite le contact avec la peau). Et c’est probablement dans ma tête mais j’ai l’impression qu’elle a pas mal aidé à replacer le dos en m’obligeant à me tenir droite et que de fait, ça a fait un peu bosser les abdos en douceur (méthode coué).
Et le yoga post natal qu’on peut démarrer avant la rééducation du périnée fait pas mal bosser les abdos profonds et même si ça change pas la silhouette. Surtout, ça fait du bien de se prévoir avant l’accouchement un moment pour soi après l’accouchement. En gros, je suis pas certaines de l’effet sur le ventre qui pend, mais j’apprécie vraiment cette heure pour moi au calme sans sollicitation du bébé. C’était une de mes « erreurs » après l’accouchement de Starsky de ne pas me prévoir des moments pour moi, cette fois, j’ai pas hésité et tout panifié avant histoire de ne pas me laisser déborder après.
Résultat après un mois, j’ai pas encore le ventre plat, mais ça se rapproche et je rentre dans mes jeans.
J’ai aussi eu beaucoup plus de contractions que pour Starsky dans les jours qui ont suivi l’accouchement et je pense que ça a joué. J’ai découvert récemment que ces contractions post vêlage portaient la charmante appellation de tranchées… tout un programme.

Côté vergetures, j’appréhendais un peu car j’avais eu quelques vergetures au niveau des genoux et des hanches à l’adolescence.
J’ai donc tartiner religieusement chaque jour l’ensemble de mon corps d’huile anti-vergeture, puis de baume hydratant ultra riche (oui, huile + crème matin et soir, faut ce qu’il faut).
Et j’ai gagné une vergeture de chaque côté au niveau des hanches, mais elles restent discrètes (elles sont sous le maillot donc facile à masquer à la plage) et encore une fois, je vise pas Kate Moss.

Certes je n’ai pas retrouvé mon corps de jeune fille, mais je suis contente de mon corps d’après. Il ne finira pas exposé sur Instagram avec le hashtag #BodyPositive, mais on n’est pas fâché pour autant.

Sept ans après l’arrêt de la pilule, je suis bien contente de refermer le livre de la PMA (en ayant l’immense chance de ressortir avec ma famille au complet) et de laisser mon corps un peu tranquille. Car, il restera toujours ce qui ne se voit pas, les piqûres, les moments de tristesse, les bleus au ventre et au bras et une quantité astronomique d’hormones ingérées qui je l’espère n’auront pas de répercutions sur ma santé et celle de mes royal babies dans le futur.

Les couches de la suite

Voici le volet tant attendu des suites de couches aussi connues sous le nom de la vieille dame en couches….
(Je vois que j’avais commencé ce post le 22 mars et que nous sommes le 12 avril, y a comme un souci au niveau de l’espace temps, j’ai l’impression que c’était hier)

Suite au vêlage royal, j’ai été conduite dans une chambre avec un vue plutôt sympa sur Paris. Par contre c’était toujours pas la grande forme avec une tension qui a mis un peu de temps à remonter et un anémie qui a nécessité une perfusion de fer. En même temps, j’avais pas dormi, ni vraiment mangé depuis 24h, j’avais accouché entre temps, ça me parait pas déconnant d’être un peu fatiguée. Heureusement, j’ai vite repris du poil de la bête.

Sinon comment parler des suites de couches, c’est ce moment où tu crois que c’est fini, tu te sens mieux et prête à rentrer à la maison bien qu’un peu fatiguée et tous les médecins, sage femmes, infirmières, puéricultrices, pédiatres du monde veulent saluer la reine et le royal baby. C’est un peu le défilé pas très reposant.
Accessoirement, tu as le ventre vide qui pendouille, tu fuites d’un peu partout et tu as envie qu’on t’oublie quelques heures (voire quelques jours ou quelques semaines).
Globalement, c’est pas très glam.

J’ai finalement pu sortir un jour plus tôt car à défaut de remonter mon fer n’avait pas baissé et ça faisait du bien de retrouver Starsky car avec ce vêlage en plusieurs étapes, ça faisait déjà 5 jours que j’étais à l’hôpital.

Petite anecdote, ma co-bureau qui m’avait tellement soutenue pendant mon parcours PMA pour avoir Starsky a accouché de son 2ème bébé, le même jour dans le même hôpital, on a donc pu se présenter nos jumeaux de naissance dès la naissance.
Et seconde anecdote, la pédiatre qui a ausculté Einstein avant sa sortie est ma voisine du dessous.
Finalement, j’aurais pu rester un peu plus, j’étais comme à la maison, la crèche pour garder Einstein la nuit en plus.

Sinon la suite de couches à la maison, c’est un peu comme à l’hôpital en moins bien car il faut s’occuper seule de son bébé et en mieux car on mange enfin des trucs identifiés.

Einstein is in da house !

Comme prévu, Einstein est rentrée avec nous à la maison, notre famille est maintenant au complet grâce à la PMA.
Nous envisagions deux enfants, nous avons deux merveilles, deux génies, nous ressortons comblés de ce parcours débuté en 2012. Je sais que tout le monde n’aura pas cette chance, donc je pense que le combat pour un meilleur accès et une meilleure prise en charge de l’infertilité et de la PMA (pour tous et toutes) reste d’actualité.

Autant j’ai très mal vécu mon accouchement pour Starsky, autant je suis ravie, oui ravie, n’ayons pas peur des mots de mon accouchement pour Einstein. Pourtant, ça partait moins bien avec un déclenchement pour suspicion de mammouth inside, mais au final je ne pouvais espérer mieux.
Je me suis sentie entourée, écoutée et soutenue par toute l’équipe de la maternité que ce soit lors du suivi, pendant le vêlage et les suites de couches (quand je dis suites de couche, j’ai toujours une vision de vieille dame incontinente en couches, mais passons).

Pour le détail minute par minute ou presque c’est par là.

Convoqués pour le déclenchement, nous devions appeler pour vérifier qu’il y avait bien de la place. On nous a dit de venir et finalement il n’y avait pas de place, dommage, on s’était bien préparés mentalement et on comptait sur une naissance pour la journée de la femme.

Rebelotte le lendemain, sauf que cette fois il y a de la place. On nous installe dans une chambre et c’est parti pour le déclenchement en mille étapes.

Ca commence par la pose d’un tampon et on attend 24h de voir s’il se passe un truc, je vous passe le suspense, il ne s’est strictement rien passé. J’ai eu quelques tâtages de col et des monitos pour m’occuper un peu, mais globalement je me suis surtout ennuyée car je n’avais pas le droit de quitter l’hôpital et la cafète, c’est pas vraiment celle d’Hélène et les garçons. J’ai regardé de très bonnes émissions à la télé, lu de la presse hautement intellectuelle, monté et descendu des escaliers et attendu que le temps passe.

Le lendemain, les choses s’accélèrent, enfin s’accélèrent doucement, on me lève à 6h pour m’installer en salle de naissance pour 8h30. J’ai pas trop compris comment ils voulaient que je mette 1h30 à me préparer vu la douche (on est loin du spa du Four Seasons) et le petit déjeuner composé d’une biscotte (le pain n’a pas encore été livré) et d’eau chaude…. miam !

Mais enfin passer en salle de naissance après 24h, ça se précise, il va enfin se passer des trucs ! Je ressortirai avec un bébé dans les bras !

En fait non, il se passe pas grand chose. Nouveau tâtage de col et monito et pose d’un gel qui doit agir 4h. J’avais pas compris que je devais rester attachée au monito durant les 4h et j’avais prévu un festin à la cafète plutôt qu’un pot de chambre pour pisser, car certes il ne se passe rien, mais il ne faudrait pas que j’aille tout gâcher en allant aux toilettes.
Libérée pour une heure, j’en profite pour manger (et ne pas boire), faire un tour de marche dans l’hôpital, monter et descendre quelques escaliers.

C’est reparti pour la pose du même gel et 4h de monito. Je commence vaguement à me dire que c’est un peu long, mais en même temps je n’ai pas mal, tout le monde est gentil, c’est surtout moi qui m’impatiente. Finalement, les 1ères contractions arrivent enfin. Elles piquent un peu mais rien de grave, je préfère attendre pour la péridurale. Elles s’intensifient et à la fin des 4h, le col a vaguement bougé (youpi !).
On commence enfin les choses sérieuses avec l’ocytocine et on me conseille la pose la péridurale avant de commencer. J’avais eu tellement mal lors de mon 1er accouchement, je suis évidemment d’accord, même si j’appréhende un peu vu que j’avais eu deux poses la 1ère fois (dont une douloureuse) et que ça n’avait servi à rien.
Et là miracle, un pose tout en douceur, j’ai ressenti un pincement au moment de l’installation et après nickel, je garde des sensations, mais absolument aucune douleur.

Les contractions s’accélèrent, je romps la poche des eaux toute seule comme une grande, mais le col ne bouge pas trop. Ils augmentent les doses progressivement et après plusieurs heures à 3, je passe de 3 à 8 en 1h. Ca va peut-être un peu vite pour ma petite nature car j’enchaine les chutes de tension, ce qui donne la reine allongée sur le côté gauche en train de gerbouiller gentiment de la bave, le corps qui tremble, des gratouilles en folie (effet péridurale parait-il), les seins qui fuitent (effet hormones parait-il) et l’impression de partir assez régulièrement. Un truc qui devait être super classe.
Et personne ne s’est moqué de moi ouvertement, l’avantage d’être une reine.

Finalement la phrase que j’avais pas envie d’entendre est arrivée « Madame, ça fait 20 minutes que votre bébé supporte mal les contractions, je vais devoir appeler le médecin ». Forcément une vision de scalpel et de bébé inanimé apparait devant moi.
En fait le docteur m’explique la même chose, le coeur du bébé supporte mal les contractions et potentiellement mes soucis de tension, ils vont lui faire un prélèvement sur la tête pour voir comment va le bébé (tout ça est trop moderne et scientifique pour moi, aucune idée comment un prélèvement sur la tête indique quoique ce soit concernant l’état du bébé, c’est clairement de la science fiction) et m’injecter je ne sais quoi pour faire remonter la tension.
Les nouvelles sont bonnes, Einstein ne va pas si mal et en plus son coeur va beaucoup mieux depuis que ma tension est revenue à la normale (et qu’accessoirement j’ai retrouvé ma dignité). On a le temps, on laisse le travail se faire tranquillement.

Je sens enfin qu’Einstein est prête, je sens sa tête appuyée dans le bassin, on  appelle la sage femme, on s’installe et en quelques poussées, j’ai Einstein dans les bras et c’est parti pour 2h de peau à peau. J’ai l’impression d’être dans une bulle de douceur avec mon bébé tout neuf et tout chaud contre moi.

Certes je n’ai pas eu la salle nature du fait du déclenchement, certes c’était très long, certes j’ai perdu toute dignité, certes sur le papier il y a eu plus de complications que pour Starsky, mais pour rien au monde, je ne changerai cette arrivée toute douce en contraste avec la violence que j’avais ressentie pour l’arrivée de Starsky.
Des heures de souffrance, aucune écoute quant à ma douleur et l’impression qu’on m’enlève mon bébé à l’arrivée pour me la ramener en gigoteuse dans un berceau.

Toute l’équipe a été à mon écoute, m’a soutenu, de bonne humeur, ils ont toujours été super clairs dans leurs explications, explications qu’ils ont données en amont, j’avais l’impression de savoir où on allait, je n’ai ressenti aucune douleur, j’ai pu accueillir mon bébé sereinement.
En ce moment, on parle beaucoup du consentement, je crois ne jamais avoir autant entendu « est-ce que je peux vous examiner ? ».
Bref, ça m’a vraiment réconcilier avec l’accouchement, comme quoi ça peut bien se passer, big up à Port Royal !

Comme j’ai l’impression que ce post est déjà un roman, je vous réserve les suites de couches et le retour à la maison pour une prochaine fois (ou comment tenir son lectorat en haleine et gagner des vues).

PS : j’allais oublié le plus important, Einstein est une mini gambas de 3,5 kg (3 semaines avant le terme tout de même)

Le décompte

Voilà cette grossesse qui devait se terminer à la fin du mois, va finalement se terminer plus tôt que prévue.
Einstein confirmant son statut de gambas, à l’opposé de sa crevette de grande soeur, et étant estimée autour de 5 kg au terme, on va avancer sa venue…
Certes ce ne sont que des estimations, mais je vois bien que mon ventre a la même taille aujourd’hui qu’au terme de Starsky, donc je me dis que la gambas doit bien manger.

Mon accouchement va donc être déclenché cette semaine.

Je suis à la fois excitée que cette grossesse se termine (grâce à 6 jours au labo et 3 semaines de gratter sur la fin, j’ai gagné un mois de grossesse ! youhou !) et j’appréhende un peu le déclenchement car on lit un peu tout à ce sujet sur l’internet et pas mal de trucs pas très positifs, du genre accouchement qui dure des jours, contractions très douloureuses et surtout méga épisio ou césarienne pour clore le tout. A côté de ça, y a aussi des femmes pour qui tout s’est très bien déroulé.
Comme dit l’homme, du toutes façons ça peut pas être pire que ton 1er accouchement. A confirmer…

A moins d’une surprise et d’un travail qui se lance naturellement (j’y crois pas trop vu que j’ai eu péniblement 1h30 de contractions depuis le début de cette grossesse), je connais la date de naissance d’Einstein à 2 jours près (j’ai décidé que mon accouchement ne pouvait décemment pas durer plus de 2 jours, si le vôtre a été déclenché et a duré 3 jours, merci de ne pas commenter).

Tout est prêt et organisé, c’est l’avantage de connaître la date, maintenant y a plus qu’à comme on dit !

Projet de naissance ?

Wesh, j’avais craché sur le projet de naissance pour la naissance de Starsky et finalement je reviens sur mon point de vue. Y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis.

Globalement, pour éviter d’avoir à relire le blog, je trouvais les projets de naissance un peu prétentieux et inutiles dans le sens où on ne peut pas prévoir comment va se dérouler son accouchement.

Mon accouchement ayant été comme prévu plein d’imprévus, changement d’hôpital en ambulance, pas de péridurale (enfin une péridurale qui n’a pas fonctionné) alors que tout mon projet était de ne pas avoir mal, limite de ne pas être là… et finalement on ne m’a pas proposé de faire du peau à peau alors que c’était proposé systématiquement dans l’hôpital où j’aurais dû accoucher. C’est bête, avec la fatigue, la douleur et l’émotion je n’ai pas pensé à le demander. Du coup, je me dis que si j’avais eu un projet de naissance écrit, le message serait passé.

Bref, je continue à trouver qu’un projet de naissance fait un peu prétentieux, surtout le terme projet, c’est pas un plan quinquennal non plus, mais j’adhère à l’idée d’exprimer ses souhaits par écrit afin de ne rien oublier sur le moment et de communiquer l’ensemble de nos souhaits à l’équipe qui sera en charge de l’accouchement. Libre à eux de les adapter en fonction de la situation médicale. En effet écrire je ne veux pas de césarienne peut sembler parfois compliquer à respecter.

C’était mon idée de base et je me grattais un peu la tête sur la forme, car je trouve le côté bullet points, un peu froid et directif et comme vous l’avez compris je voulais pas écrire un roman non plus…
Et là où j’ai été agréablement surprise, c’est lors de ma dernière consultation la gynéco qui me suit qui me demande comment je souhaite accoucher, le rôle du papa et si je souhaite allaiter afin de la noter dans mon dossier pour l’équipe qui se chargera de mon accouchement. La voilà, la forme parfaite !
Je lui explique mon souhait de pouvoir rester mobile et sans péridurale tant que je supporte la douleur (j’avais vraiment souffert de devoir rester allongée sur le dos alors que la péridurale ne marchait pas et que tout mon corps voulait se verticaliser pour encaisser la douleur justement), mais d’avoir la péridurale dès que je ne tiens plus car je sais d’expérience que je ne tiendrai pas jusqu’au bout.
Elle me parle de la salle nature que j’avais déjà abordée avec la SF qui me fait les cours de préparation à l’accouchement et me confirme que je peux commencer le travail dans cette salle avec une baignoire, un ballon et un monito en wifi qui permet de se balader librement et avoir la péridurale quand je le souhaite.

Je pensais que la salle nature était réservée à celles qui souhaitaient accoucher naturellement sans péridurale, mais en fait aucun problème pour avoir accès à cette salle tout en sachant que l’on souhaite une péridurale. C’est donc cette option qui est notée dans mon dossier ainsi que le fait que je ne souhaite pas allaiter (aucun jugement de sa part sur ce point et ça fait du bien de ne pas entendre que je ne veux pas le meilleur pour mon bébé….).

De manière générale, je suis très contente de mon suivi à Port Royal pour cette grossesse par rapport à la première à Trousseau. Je suis suivie par la même doc depuis le début et elle est super à l’écoute, très claire et à l’heure alors que je changeais toujours de doc ou de sage femmme à chaque consultation pour ma 1ère grossesse et j’attendais souvent une heure ou deux. Je me sens mieux suivie avec la même doc à chaque fois, on se connait, elle sait comment se déroule la grossesse, je trouve nos échanges plus constructifs.
J’avais rencontré une autre doc lors de notre passage au diagnostic anténatal avec la suspicion de trisomie et je l’avais trouvé super humainement également.

Einstein se porte bien très bien même a priori vu que ce serait un mammouth au dessus du 97ème percentile. On nous a rajouté une écho la semaine prochaine pour vérifier sa croissance et envisager un éventuel déclenchement, affaire à suivre donc.

Maintenant, j’attends de voir comment va se dérouler le vêlage et quelles surprises il nous réserve…

Mum of girls

Certes Einstein n’est pas encore parmi nous et peut encore nous faire des surprises, mais je suis a priori partie pour être la maman de deux petites filles.
Avec tout ce qui s’est dit en cette fin d’année sur #MeToo et #BalanceTonPorc, je me dis forcément qu’il faudra beaucoup de force et de caractères à mes filles pour faire face au monde qui les attend. Les choses évoluent, les gens commencent à prendre conscience des choses, mais tout ça évolue à la vitesse d’un escargot.

La question se pose alors pour nous, avec l’homme, de la manière dont nous pouvons au mieux accompagner Starsky aujourd’hui, et Einstein demain, dans leur éducation pour qu’elles puissent faire face à tout ça et deviennent des femmes fortes et libres d’être ce qu’elles souhaitent.

De manière générale, je suis assez contente de moi en matière d’éducation car je trouve Starsky parfaite à tous points de vue (oui je m’envoie des fleurs, mais marre de l’autoflagellation parentale car on a élevé la voix et que ce n’est pas bienveillant, c’est normal d’en avoir marre et de s’énerver).
OK, je la trouves peut-être un tout petit peu moins parfaite quand elle se roule par terre en hurlant dans un magasin, ou quand on doit discuter pendant des heures et négocier des choses, comme mettre autre chose qu’un pyjama pour sortir, mais de manière générale, je la trouves merveilleuse et je me dis qu’on doit quand même faire du bon boulot avec l’homme, même si c’est beaucoup à l’instinct et à la fameuse éducation approximative de Quatre Enfants.

Starsky est une petite dictateur fille qui a très confiance en elle, qui se met en avant et qui ne se laisse pas facilement démonter. On pourrait argumenter qu’elle a peut-être trop confiance en elle, mais je me dis que ce réservoir va forcément se vider au fil des années, et que plus il y a de confiance au départ, mieux ce sera pour plus tard.
Il y a cette vidéo sur la bande son de la vie d’une femme qui a circulé récemment et je la trouves très juste.

J’avais lu un article sur une étude qui montrait que c’est entre 5 et 6 ans que les filles commencent à se sentir moins brillantes que les garçons. Assez flippant que cette évolution de perception se fasse si jeune… Ma fille n’oublie JAMAIS que tu es un génie !

Du coup, on essaie de limiter les effets de l’extérieur sur Starsky, même si on sait bien que c’est perdu d’avance et que l’entrée à l’école en septembre prochain finira d’achever nos efforts.

On évite le total look rose à paillettes pour les fringues, même si parfois ça me fait plaisir de l’habiller en bonbon rose. Maintenant qu’elle marche, court et escalade et met un point d’honneur à s’habiller seule, on privilégie le confort et la facilité à enfiler.
On achète au maximum des jouets « neutres », on essaie de ne pas la limiter à des jeux d’imitation et d’imagination, mais d’ouvrir aussi sur des jeux de construction et de réflexion, même si c’est un bien grand mot à son âge (un puzzle de 9 pièces lui demande beaucoup de réflexion, et je vous raconte pas la construction d’un truc en lego).
Comme elle ne s’intéresse pas encore vraiment aux dessins animés, ça va, mais je sens qu’on va devoir se creuser les méninges pour les trouver des dessins animés de son âge qui mettent en scène des filles / femmes dans des rôles autres que princesse ou side-kick du vrai héros.

Bref, on sait qu’on a perdu d’avance, mais on tente quand même notre chance (c’est un peu comme une FIV, 25% de chance de succès, mais sur un malentendu, il y a parfois des miracles répétés).

En revanche, y a un truc qui m’énerve, ce sont les mums of boys revendiquées.
Je m’explique, il y a forcément des mamans d’un ou plusieurs garçons et je sais bien que je n’ai pas de garçon sous le coude et que je ne sais pas comment c’est d’élever un ou des garçons, mais de là à expliquer tout par le fait que ce sont des garçons, ça me gonfle. Alors évidemment, ce n’est pas une généralité, toutes les mamans de garçons ne sont pas comme ça, mais le nombre de fois où j’ai entendu ces deux phrases….
« Tu as de la chance les filles, c’est calme, je te dis pas moi avec mes garçons »… Alors non, ma fille est tout sauf calme, elle a un grand besoin de se dépenser et court et saute partout en permanence, c’est peut-être juste une question de caractère.
« Tu as de la chance, les filles c’est doux, moi c’est la bagarre tout le temps »… Alors non, ma fille tape et pousse volontiers toute personne placée entre elle et le toboggan, parfois elle se prend un coup en retour, mais ça n’a pas l’air de la déranger plus que ça, vu qu’elle réplique.
Après je sais bien que ça ne part pas d’une mauvaise intention et en vrai, j’ai aucune idée de la différence entre élever une fille et un garçon, mais je pense que tout ça, c’est avant tout une question de personnalité et de caractère de l’enfant plus que de zizi ou de zézette.

Récemment, Il y a eu un épisode qui m’a particulièrement gonflé. La maman d’un petit garçon du même âge que Starsky, qui ne l’élève pas particulièrement à l’ancienne ambiance « boys don’t cry », il a une poupée qui l’accompagne partout, une cuisine, une poussette…
Et ce petit garçon du même âge que Starsky a le même genre de crise de deuzans où il tape, pousse et crie (je trouves toujours ça rassurant de retrouver ces bons moments de parentalité chez les autres, je me sens moins seule avec mon cochon parfois hurlant).
Tout ça pour dire que ce petit garçon a tapé ma précieuse, pas violemment, juste une tape pour une sombre histoire de camion pompier à partager, Starsky n’a même pas relevé, trop occupée à tirer sur le-dit camion. Ma tendance non-interventionniste, ambiance je suis une dinde, je vais pas me lever tant qu’il n’y a pas de hurlement, n’aurait pas relevé. Mais la maman s’est levé et a dit à son petit mec « On ne tape pas les filles, les filles c’est fragile »…
Et en fait c’est cette phrase qui m’a vraiment énervée, d’autant plus qu’elle était prononcé devant ma fille. Déjà de mon point de vue personnel, le message à faire passer est « on ne tape personne » (sauf si c’est une pisseuse qui te pique ton seau ou un morveux qui t’empêche de faire du toboggan, maman saura tourner le dos et dire qu’elle n’a rien vu et que ce n’est pas ton genre si un parent bienveillant intervient). Mais surtout je n’ai pas envie que Starsky entende / intègre que les filles sont fragiles, je n’ai pas envie que le fait d’être une fille la définisse, j’ai envie qu’elle puisse avoir la possibilité d’être fragile ou forte.
J’espère évidemment et je pense que Sarsky n’a pas relevé trop occupée sur comment obtenir le camion de pompier pour elle toute seule, mais je trouves dommage que mes pseudo-efforts soient « ruinés » par une femme que ce soit dans le message qu’elle fait passer à son fils sur les fille et dans le message reçu par ma fille (de toutes façons, c’est toujours la faute de la mère, allez un peu d’autoflagellation pour la route).
Finalement l’éducation et la confiance qu’auront nos filles plus tard passent aussi par l’éducation des garçons. Il y avait un article intéressant à ce sujet dans le Huff Post que je vous laisse lire si ça vous tente.

Tout ce post est un peu brouillon je veux bien l’admettre, mais c’est peut-être pour exprimer mon angoisse sur le fait qu’avec mes deux filles, je ne pourrais pas expérimenter l’éducation approximative d’un garçon modèle…

Sinon il parait que c’est la saison des voeux alors je vous souhaite une excellente année 2018, pleine de bonnes surprises et d’aventures !